Les banques centrales du continent africain augmentent progressivement leurs réserves d’or dans le cadre d’une stratégie de diversification de leurs actifs et de renforcement de la stabilité financière, face à une demande mondiale de métal précieux toujours concentrée entre les mains d’un nombre restreint d’acheteurs majeurs. À l’échelle mondiale, la demande d’or des banques centrales demeure majoritairement concentrée entre les mains d’un petit groupe de pays qui mènent une politique d’achats continus, au lieu de répartir la demande plus équitablement au sein du système financier international, bien que plus de 60 banques centrales dans le monde aient accru leurs réserves d’or ces dernières années, la demande nette reste principalement tirée par un nombre limité d’acheteurs actifs, notamment sur les marchés émergents.
Selon une analyse du World Gold Council, la Banque nationale de Pologne s’est hissée parmi les acheteurs d’or les plus actifs en 2025, avec des réserves ajoutées comprises entre 80 et 95 tonnes. La Banque populaire de Chine a quant à elle poursuivi son rythme d’accumulation soutenu, prolongeant une frénésie d’achats qui a duré plus de 16 mois, avec des réserves dépassant les 2 300 tonnes. Le Kazakhstan a également renforcé ses réserves en y ajoutant entre 40 et 50 tonnes, tandis que la Turquie et l’Inde ont adopté une politique cyclique d’achats et de suspensions d’acquisitions, en fonction de la conjoncture économique locale et des fluctuations du marché. Cette concentration des réserves d’or a contribué à maintenir la demande mondiale au-dessus des moyennes historiques depuis 2022, dépassant souvent 1 000 tonnes par an lors des années de pointe, avant de connaître un léger repli en 2025 et 2026.
À l’inverse, la part des pays africains dans les réserves mondiales d’or demeure limitée, mais leur importance stratégique croît significativement. L’Ouganda est à l’avant-garde de cette tendance, ayant lancé un programme national d’achat d’or visant au moins 100 kilogrammes sur une période de quatre mois, une initiative qui témoigne d’une plus grande dépendance aux ressources nationales. Au cours de l’année écoulée, les performances des banques centrales africaines ont été mitigées, mais globalement orientées vers des politiques plus stratégiques, l’or jouant un rôle de plus en plus important dans l’atténuation des pressions monétaires et de la volatilité économique.