Denis Sassou Nguesso a prêté serment pour un nouveau mandat de cinq ans à la présidence de la République du Congo-Brazzaville lors d’une cérémonie qui s’est déroulée dans un stade comble. L’investiture a eu lieu jeudi à Kintele, ville située au nord de la capitale, Brazzaville, Sassou Nguesso a été réélu en mars avec 94,8 % des voix, prolongeant ainsi ses 42 ans de règne sur ce pays d’Afrique centrale riche en pétrole. Il était opposé à six candidats relativement inconnus. Le pays est confronté à d’importants défis économiques, notamment un ratio dette/PIB élevé, indicateur qui mesure la dette d’un pays par rapport à sa production économique, selon la Banque mondiale, ainsi qu’à une hausse du chômage des jeunes.
Un référendum organisé en 2015 a supprimé les limites d’âge et de mandat pour la présidence, permettant ainsi à Sassou Nguesso de se maintenir au pouvoir. Dans son discours d’investiture, Nguesso a déclaré qu’il ne « trahirait pas le peuple réuni pour l’honorer et réaffirmer son soutien ». Il a ajouté : « L’ère des contestations électorales est révolue ; l’ère de l’unité nationale a commencé. Je suis le président de tous les Congolais sans exception. Fort du mandat que vous m’avez confié, je renouvelle ici mon engagement solennel de ne jamais trahir votre confiance ». Sassou Nguesso est le troisième dirigeant africain ayant exercé le plus long mandat, après Paul Biya du Cameroun et Teodoro Obiang Nguema Mbasogo de Guinée équatoriale.
Nguesso est connu comme l’« homme fort » du Congo-Brazzaville. Il est arrivé au pouvoir pour la première fois en 1979 et s’est maintenu au pouvoir jusqu’à sa défaite aux élections de 1992. Il est revenu au pouvoir après une brève guerre civile en 1997 et règne sans interruption depuis lors. Sassou Nguesso s’est appuyé sur un vaste réseau d’alliances politiques et militaires et a modifié la constitution à plusieurs reprises pour pouvoir se représenter. Il a également profité de la faiblesse et des divisions de l’opposition, ainsi que du contrôle étroit exercé sur les institutions étatiques et les médias.