Politique

Comment l’expédition du Français Montel a-t-elle préparé le terrain pour le tracé des frontières de l’Afrique de l’Ouest ?

Le 9 octobre 1890, une petite caravane d’une douzaine d’hommes, menée par l’officier français Parfait-Louis Montel, quitte discrètement Saint-Louis, au Sénégal. Plus de deux ans plus tard, le 10 décembre 1892, l’expédition entre à Tripoli, après avoir franchi un méandre du fleuve Niger, traversé l’empire de Sokoto (Afrique de l’Ouest) et franchi le désert séparant le Tchad et la Tripolitaine, comme le relate une étude du chercheur Yves de Tessier, publiée dans le *French Journal of Overseas History* en 1972. De Tessier décrit la mission de Montel comme « un maillon de la chaîne du partage de l’Afrique » et précise que son objectif était d’explorer le territoire situé entre le fleuve Niger et le lac Tchad, et en particulier la « ligne Say-Baroua », qui séparait arbitrairement les zones d’influence française et britannique.

La Conférence de Berlin de 1885 reconnut la haute vallée du Niger comme une sphère d’influence française, conformément à une étude des frontières internationales publiée par le Département d’État américain. Le 5 août 1890, Londres et Paris signèrent une déclaration conjointe stipulant que « le gouvernement de Sa Majesté reconnaît la sphère d’influence française au sud de ses possessions méditerranéennes, jusqu’à une ligne s’étendant de Say sur le fleuve Niger à Barua sur le lac Tchad, tracée de manière à inclure dans la juridiction de la Compagnie du Niger tout ce qui appartenait légitimement au Royaume de Sokoto, dont la délimitation sera déterminée par une commission à nommer». Cependant, selon l’étude de de Tessier, la ligne traversait des territoires inexplorés depuis quarante ans, depuis les expéditions de l’Allemand Heinrich Barth entre 1850 et 1855.

  Médecins Sans Frontières accuse le Soudan du Sud d'instrumentaliser l'aide humanitaire à des fins militaires

L’article consacré à Montell sur Wikipédia, basé sur l’étude de Clare Hirschfeld « Diplomatie du partage » (1979), indique qu’aucune des deux parties ne connaissait l’étendue du califat de Sokoto et que Montell fut chargé d’en déterminer les frontières septentrionales. Toujours selon la même source, l’officier français remonta le fleuve Sénégal jusqu’à Kayes, puis atteignit Ségou sur le Haut-Niger, dernier avant-poste français en Afrique de l’Ouest à l’époque. De là, il se dirigea vers l’est en direction de Ouagadougou, puis de Dori et de Say, avant d’atteindre Sokoto Fakano (nord du Nigeria), puis Kukawa sur les rives du lac Tchad le 9 avril 1892. De là, il traversa le Sahara vers le nord jusqu’à Tripoli.

Ajouter un commentaire

Leave a Reply

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Les plus lus

To Top