Economie

Le Gabon cherche à sortir de la crise de l’électricité

Le président du Gabon, Brice Oligui Nguema, ambitionne de rendre son pays autosuffisant en matière d’énergie en recherchant de nouveaux accords et partenariats pour faire face au déficit électrique dont souffre le pays. Lors d’une visite en Turquie plus tôt ce mois-ci, il a signé un contrat avec l’entreprise « Aksa » pour la construction et l’exploitation d’une nouvelle centrale électrique fonctionnant au gaz, d’une capacité de 1000 mégawatts. Cette initiative intervient alors que la demande en électricité a atteint environ 1039 mégawatts en 2023, tandis que la capacité de production du pays n’a pas dépassé 704 mégawatts.

Le gouvernement affirme vouloir garantir une indépendance énergétique totale au cours de la prochaine décennie, alors que 94 % de la population est connectée au réseau électrique. Cependant, ces ambitions se heurtent à une crise profonde au sein de la Société d’Électricité et d’Eau du Gabon (SEEG), placée sous administration provisoire depuis août 2024 jusqu’à mai 2025. Après le retrait de l’entreprise multinationale d’énergie « Veolia » en 2019, la SEEG s’est retrouvée engluée dans des dettes et un déficit, avec neuf directeurs qui se sont succédé à sa tête en seulement six ans. En 2024, le président Nguema a ordonné l’ouverture d’une enquête sur des affaires de détournement de fonds et de corruption, dont les résultats n’ont pas encore été rendus publics.

Pour faire face aux coupures d’électricité, le Gabon a fait appel à l’entreprise turque Karpowership, qui exploite des navires flottants pour produire de l’électricité, ajoutant ainsi 150 mégawatts au réseau local. Bien que cet accord ait apporté une solution temporaire efficace, les experts soulignent que cette solution entraîne l’arrêt de certaines unités de production locales et reste non durable à long terme, ce qui a conduit le gouvernement à suspendre l’accord et à entamer une nouvelle phase de négociations. En 2025, le gouvernement a lancé le Fonds National de l’Énergie et de l’Eau pour attirer les investissements vers des projets stratégiques ambitieux, notamment dans le secteur de l’énergie hydroélectrique, qui représentait 46 % de la production énergétique en 2023. Cependant, la réalisation de ces projets nécessite un financement de 1,94 milliard de dollars entre 2024 et 2026.

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