Le rapport de la Banque mondiale sur la situation économique en Algérie dresse un tableau sombre de l’économie algérienne, qui continue de sombrer en raison de l’échec du régime à adopter des réformes sérieuses et à se libérer de la dépendance historique aux revenus du pétrole et du gaz. Alors que la plupart des pays pétroliers souffrent des fluctuations du marché mondial, l’Algérie enregistre un déficit du compte courant en 2025 de 1,7 % du PIB, dû à une forte augmentation des importations (+10,2 %) contre un effondrement des exportations (-9,7 %). Cela révèle un échec retentissant dans le soutien à la production nationale et le renforcement de la compétitivité extérieure.
Ce déficit devrait s’aggraver de manière alarmante en 2026 pour atteindre 17,6 % du PIB, particulièrement dans un contexte de fragilité extrême de l’économie algérienne face à toute fluctuation des prix du pétrole – la seule ressource sur laquelle le régime continue de miser, en l’absence d’alternatives réelles. Sur le plan des finances publiques, l’Algérie a enregistré le pire déficit budgétaire depuis une décennie, atteignant 13,9 % en 2025, et ce chiffre devrait s’aggraver à 14,5 % en 2026. Cela témoigne d’une mauvaise gestion des ressources publiques et d’un gaspillage chronique qui caractérise les politiques gouvernementales. Bien que la dette publique n’ait pas connu une hausse massive en 2025 (elle s’établit à 48,5 % du PIB), le rapport met en garde contre des pressions de financement imminentes qui pourraient pousser le pays dans une spirale d’endettement extérieur, rappelant les scénarios de faillite connus par l’Algérie dans les années 1980.
La Banque mondiale souligne que l’Algérie reste otage des revenus des hydrocarbures, qui représentent environ 89 % de ses exportations et 72 % du budget. Cela place l’ensemble de l’économie à la merci des marchés mondiaux et rend tout discours sur la « souveraineté économique » purement rhétorique et vide de sens. Le rapport appelle à accélérer des réformes économiques réelles, incluant l’amélioration de la productivité des secteurs de l’industrie et des services, l’attraction d’investissements (qui fuient actuellement en raison d’un climat des affaires repoussant), et la réorientation de la main-d’œuvre vers des secteurs plus efficaces, au lieu de maintenir une politique d’emploi rentière et de dépenses non productives. Ces pratiques servent uniquement à acheter la paix sociale, en l’absence d’une vision économique claire pour l’avenir.