Face à une concurrence internationale croissante pour les opportunités économiques sur le continent, l’Union européenne s’efforce de maintenir son rôle d’investisseur stratégique majeur en Afrique. La Banque européenne d’investissement (BEI), bras financier de l’UE, a révélé dans ses derniers résultats annuels qu’elle prévoit d’investir environ 3,1 milliards d’euros en Afrique d’ici 2025, soit près d’un tiers de ses investissements mondiaux. Ces chiffres témoignent d’une stabilité par rapport à l’année précédente, malgré les contraintes budgétaires, et reflètent l’engagement de l’UE à consolider sa présence en Afrique.
En 2024, le total des investissements de la BEI a atteint environ 89 milliards d’euros, dont 8 milliards ont été alloués à des activités hors UE. Les investissements destinés à l’Afrique ont représenté plus de 3 milliards d’euros de ce total. Le secteur de l’énergie est une priorité absolue pour les investissements européens en Afrique. La BEI a signé un nouvel accord d’un milliard d’euros en partenariat avec la Banque mondiale et la Banque africaine de développement pour financer des projets visant à fournir de l’électricité à environ 300 millions de personnes sur le continent. Dans ce contexte, Ambroise Fayolle, vice-président de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD), a souligné que cette initiative constitue une priorité européenne, rappelant l’annonce de près de 2 milliards d’euros d’investissements supplémentaires dans les énergies renouvelables lors de la visite du président de la BERD en Afrique du Sud à la fin de l’année dernière.
M. Fayolle a expliqué que les investissements de la banque comprennent également le soutien au secteur de l’eau potable, la promotion de l’économie bleue en Afrique de l’Ouest, ainsi que le financement de programmes de santé et le développement de vaccins. Il a insisté sur le fait que ces projets reflètent les priorités stratégiques de l’Union européenne en Afrique et visent simultanément à atteindre des objectifs communs avec les pays africains et les entreprises européennes. Parallèlement, l’Union européenne s’efforce de renforcer sa présence sur les marchés africains, face à une concurrence accrue de la part de puissances internationales telles que les États-Unis, les Émirats arabes unis et la Chine.