Société

« Interdit de toucher la tasse »…Au cœur de la plus étrange « cour du thé » du Soudan

Dans un pays aussi vaste que ses cultures, le Soudan offre un riche éventail de coutumes et de traditions. Tandis que les tribus de l’est privilégient le café, celles de l’ouest empruntent une voie différente : le thé n’est pas simplement consommé comme boisson quotidienne, mais comme porte d’entrée vers tout un univers de rituels et de symboles. Les racines de ce phénomène remontent peut-être aux anciens royaumes soudanais, géographiquement liés aux tribus du Soudan occidental. Il ne s’agit pas d’une simple rencontre, mais bien du « Conseil Barmaki », une véritable entité sociale, voire un « État du thé miniature ».

Son nom dérive de « Barmaki », qui signifie généreux, mais ici, la générosité ne se mesure pas au contenu de la tasse, mais aux relations, à l’influence et au statut qui s’y rattachent. Dans l’ouest du Soudan, les Barmaki sont perçus comme une classe au goût raffiné, alliant noblesse, chevalerie, élégance et une passion pour le thé frôlant l’obsession. Dans ce contexte, les historiens décrivent ces rassemblements comme un modèle de précision, de discipline et de bienséance, soulignant que leur influence dépasse le cadre même de l’assemblée pour façonner le caractère de la société. Les chercheurs font remonter l’origine du nom à « Barmak », prêtre du temple du feu en Perse, avant que ce nom ne devienne, à l’époque abbasside, un symbole d’extravagance et de réunions débordantes de poésie et de musique, comme le décrivent les contes des Mille et Une Nuits.

Dans le quartier barmakide, le thé ne se boit pas en silence ; les séances sont ponctuées de poèmes, de chants d’amour et de chants appelés « Shahr ». Des poètes ont émergé, qui ont dépeint le voyage du thé d’Égypte jusqu’au Soudan occidental dans une langue mêlant simplicité et émerveillement : « Le thé bien-aimé d’Égypte vous est apporté / Par le serpent sans corne». Dans leur vocabulaire quotidien, les termes abondent ; « Shay Madankal » désigne un thé préparé avec un savoir-faire exceptionnel, tandis que « Tani » est la tasse qui suit le « Bakr », et « Qaryaf » décrit cette envie intense de thé ou de café.

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