Economie

Enquête : Le Congo aurait exporté secrètement 500 tonnes d’uranium vers la Chine

Une enquête conjointe de Lighthouse et du Financial Times révèle que la République démocratique du Congo (RDC), abritant l’un des plus importants gisements d’uranium au monde – la même région qui a fourni aux États-Unis l’uranium utilisé pour le développement d’armes nucléaires pendant la Seconde Guerre mondiale – aurait été une source d’uranium exporté clandestinement vers la Chine pendant plus de vingt ans. Selon l’enquête, la Chine n’était pas autorisée à se procurer de l’uranium auprès de la RDC en raison de l’embargo imposé par Kinshasa sur les exportations commerciales d’uranium, en vigueur depuis plus de vingt ans. L’enquête souligne que la mine de Shinkolobwe, qui a fourni de l’uranium aux États-Unis pendant la Seconde Guerre mondiale, a été officiellement fermée en 2004 par décret présidentiel, ce qui soulève des questions quant à la provenance de l’uranium qui aurait atteint la Chine les années suivantes.

L’enquête a révélé que Lighthouse a retracé la source présumée de l’uranium grâce à une note confidentielle de 2009 de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). Cette note indiquait que le cobalt, un minerai essentiel à la fabrication des batteries, était extrait dans la région du Katanga, où se situe la mine de Shinkolobwe. La note précisait qu’une part importante du minerai de cobalt extrait dans la région contenait également des quantités substantielles d’uranium, et que ce dernier était exporté comme « sous-produit du cobalt ». Le rapport souligne que la Chine raffine au moins 80 % de l’approvisionnement mondial en cobalt, tandis qu’environ 95 % du cobalt extrait en République démocratique du Congo est exporté vers la Chine, un facteur que l’enquête a jugé crucial pour expliquer le transfert indirect d’uranium.

  [Nigéria] Le NCDMB fait pression pour augmenter le nombre de femmes PDG dans l'industrie pétrolière

Le rapport cite des données de la Fédération des scientifiques américains indiquant qu’en 2026, la Russie possédait le plus grand arsenal nucléaire au monde, avec environ 5 420 ogives, suivie des États-Unis avec environ 5 042. Ensemble, ces deux pays contrôlaient environ 80 % de l’arsenal nucléaire mondial. Bien que la Chine demeure loin derrière ces deux puissances nucléaires, le rapport souligne qu’elle développe son arsenal nucléaire à un rythme accéléré. Son stock actuel est estimé à environ 620 ogives, et les projections indiquent qu’il dépassera les 1 000 d’ici 2030.

 

Ajouter un commentaire

Leave a Reply

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Les plus lus

To Top