À quelques jours seulement des élections présidentielles en Ouganda, prévues le 15 janvier 2026, une coalition d’organisations de la société civile ougandaise et régionale a tiré la sonnette d’alarme face à une grave détérioration du climat électoral, marquée par une escalade de la violence et une atmosphère de peur généralisée parmi les électeurs et les opposants. Ces organisations estiment que le processus électoral est confronté à une militarisation croissante, qui menace les libertés civiles et compromet l’intégrité du scrutin.
Lors d’un webinaire organisé le vendredi 9 janvier 2026, réunissant des militants, des experts politiques et des défenseurs des droits humains, la société civile a appelé à une désescalade immédiate et à la protection des droits fondamentaux, en particulier la liberté d’expression et le droit de participation politique sans intimidation ni menaces. La coalition a documenté une présence accrue et inquiétante des forces armées autour des campagnes électorales et des opérations de vote elles-mêmes, ce qui suscite de vives craintes quant à l’utilisation de la force pour influencer les électeurs. Elle s’est également alarmée des mises en garde adressées aux citoyens, les enjoignant à ne pas rester à proximité des bureaux de vote après avoir voté. Selon la coalition, ces avertissements contribuent à instaurer un climat de peur et limitent la capacité des citoyens à exercer pleinement leurs droits légaux.
Godber Tumushabe, chercheur à l’Institut des Grands Lacs pour les études stratégiques, a exprimé sa profonde inquiétude face à ces évolutions. Il a souligné que le commandant de l’armée et son porte-parole officiel ont émis des avertissements incitant les électeurs à quitter immédiatement les abords des bureaux de vote après avoir voté, alors même que la loi autorise les citoyens à rester à une distance minimale de 20 mètres des centres de vote. La situation est devenue particulièrement alarmante après des déclarations attribuées à un officier supérieur de la 4e division de l’armée à Gulu, qui a menacé que les Ougandais restant près des bureaux de vote après le vote risquaient l’arrestation, voire des tirs.