Politique

Guinée-Bissau : Les leaders de l’opposition refusent d’intégrer le gouvernement

Les deux principaux opposants à Guinée-Bissau ont catégoriquement rejeté une offre des militaires ayant pris le pouvoir lors du coup d’État du 26 novembre. Cette offre leur proposait de rejoindre le gouvernement en échange de dix sièges au Conseil national de transition. Cette position ferme intervient quelques jours seulement après leur libération de prison. Ils affirment que participer au processus ne ferait que légitimer la direction putschiste, ce qu’ils qualifient de tentative de « redorer l’image de l’armée ». Ce refus coïncide avec le troisième jour de retour au pays des figures les plus importantes de l’opposition, après une période difficile suivant le coup d’État.

Domingos Simões Pereira, chef du PAIGC, a passé plus de deux mois en détention avant d’être libéré et assigné à résidence. Fernando Dias a été contraint de se réfugier à l’ambassade du Nigéria avant sa libération, après quoi il a fait l’objet d’une interdiction officielle de toute déclaration publique. La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a perçu la libération des figures de l’opposition comme un premier pas vers un « retour à l’ordre constitutionnel », notamment après que les autorités militaires ont annoncé leur volonté d’accorder à leurs deux partis trois postes gouvernementaux et dix sièges au Conseil national de transition. Cependant, cette annonce n’a pas constitué une communication directe. Fernando Dias a confirmé que l’offre ne lui avait pas été présentée officiellement, ni à Pereira, par l’armée, mais qu’ils en avaient eu connaissance par le biais d’un communiqué de la CEDEAO, à l’instar d’autres acteurs politiques.

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Dias a déclaré : « Nous ne ternirons pas notre réputation », soulignant que les postes proposés étaient inégaux et n’accordaient aucune influence politique réelle à l’opposition, rendant leur acceptation vaine, si ce n’est pour soutenir les putschistes. Les déclarations de Dias semblent concorder avec celles d’un membre du gouvernement du Premier ministre, qui a révélé que l’armée cherchait simplement à donner l’impression de répondre aux exigences de transparence de l’organisation régionale. Malgré son refus public, Dias s’est déclaré prêt à garder le silence à la demande de la CEDEAO, afin de préserver la stabilité et d’éviter de compliquer davantage le contexte politique.

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