Politique

Zimbabwe : Lutte de pouvoir au sein du parti au pouvoir

Une lutte de pouvoir féroce fait rage au sein de l’Union nationale africaine du Zimbabwe-Front patriotique (ZANU-PF) entre les hommes d’affaires influents Kudakwashe Tagwere et Paul Tungwarara. Chacun cherche à consolider son influence au sein du parti et à assurer la pérennité du président Emmerson Mnangagwa au-delà de 2028. Les tensions ont éclaté après une attaque virulente de Tungwarara contre Tagwere le mois dernier. Il l’a accusé d’être « assoiffé de pouvoir » et de tenter d’acheter son ascension au sein de la direction du parti. Cet incident s’est produit lors d’une réunion dans la province de Manicaland, où Tungwarara a insinué que son rival utilisait son argent pour influencer les nominations gouvernementales, notamment ministérielles.

Tagwere a réagi par le biais des réseaux sociaux et de militants, dont Turai Kandishaya, qui a critiqué Tungwarara et l’a exhorté à se concentrer sur son rôle de conseiller présidentiel pour les investissements aux Émirats arabes unis. Le conflit entre les deux hommes s’inscrit dans une rivalité plus large au sein des structures du parti, chacun aspirant à un poste important au sein du Comité central. Taguiri a réussi à y entrer l’année dernière malgré l’opposition de personnalités influentes, tandis que la tentative de Tongwarara d’y adhérer a été rejetée par la direction du parti à Harare, qui l’a accusé d’achat de votes. Les analystes estiment que ce différend reflète une lutte d’influence entre réseaux d’intérêts et intérêts économiques au sein de l’entourage du président Mnangagwa, et que le financement et le soutien logistique sont devenus des facteurs cruciaux dans la redéfinition des rapports de force au sein de la ZANU-PF.

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Selon certaines informations, Taguiri ambitionne de succéder à Mnangagwa en 2028, mais les amendements constitutionnels proposés – récemment approuvés par le gouvernement – ouvrent la voie à une prolongation du mandat présidentiel au moins jusqu’en 2030, prolongeant ainsi la compétition au sein du parti au pouvoir. Le conflit a également entraîné la suspension de certains programmes supervisés par Tongwarara, notamment des projets de développement liés aux initiatives présidentielles, avant que Mnangagwa n’intervienne pour contenir la crise, craignant son impact sur l’unité du parti.

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