Un tribunal kényan a confirmé la destitution de l’ancien vice-président Regathi Gatchagwa, intervenue en 2024, l’empêchant ainsi d’exercer toute fonction publique. Trois juges de la Haute Cour ont rejeté les arguments de M. Gatchagwa, notamment son allégation de motivation politique à l’encontre de la procédure de destitution. La cour a toutefois estimé que le Sénat avait violé les droits de M. Gatchagwa en ne suspendant pas la séance après son malaise pendant les débats. La cour a précisé que cela n’invalide pas la destitution, mais lui a accordé 50 millions de shillings kényans (environ 386 000 dollars américains ; environ 290 000 livres sterling) de dommages et intérêts. M. Gatchagwa est devenu un critique virulent du Premier ministre William Ruto.
Cette décision compromet ses ambitions présidentielles, sa destitution l’empêchant d’exercer toute fonction publique. Gatchagua était absent lors du prononcé du jugement de 350 pages, mais son équipe juridique a annoncé son intention de faire appel. Sa destitution brutale a fait suite à un désaccord avec Ruto. Une large majorité de parlementaires a voté sa mise en accusation, l’accusant de corruption, d’incitation à la haine ethnique et d’atteinte à l’autorité du gouvernement. Gatchagua a fait appel de cette destitution, affirmant que les accusations étaient « sans fondement », politiquement motivées et qu’il n’avait pas bénéficié d’un procès équitable. Outre la confirmation de sa destitution, le tribunal a également désigné Kethor Kindiki comme son successeur lundi.
Depuis sa destitution, Gatchagua mène une campagne acharnée contre le gouvernement et jouit d’une grande popularité dans son fief du Mont Kenya. Avant le verdict, il a exhorté ses partisans au calme, ajoutant qu’il était préparé à toute éventualité, mais qu’il espérait « obtenir justice pour Regathi Gatchagua et ses millions de sympathisants à travers le pays ». Il a demandé à ses partisans d’attendre l’année prochaine « pour exprimer leur colère dans les urnes ». Ruto et Gashagwa ont été élus ensemble lors des élections de 2022, et cette alliance a contribué à la victoire de Ruto en mobilisant le soutien dans la région du Mont Kenya, bastion du peuple Kikuyu, qui représente le plus grand groupe d’électeurs du Kenya.