Une nouvelle initiative a été lancée mardi à Bruxelles sur la scène politique sahélienne. L’« Alliance démocratique sahélienne » est une coalition de membres de la société civile, de personnalités politiques et de militants du Mali, du Burkina Faso et du Niger. Cette nouvelle alliance, née à l’étranger, vise à contrer les coups d’État militaires qui ont pris le contrôle de la « Coalition des États du Sahel », selon Radio France Internationale (RFI). La nouvelle alliance, qui compte actuellement une trentaine de membres, entend mettre fin à la « militarisation de l’État » et œuvrer à des « solutions globales et inclusives pour surmonter la crise qui frappe la région sahélienne ».
Cette initiative intervient quatre mois après la création de l’« Alliance des forces républicaines », dirigée par l’imam malien Mahmoud Dicko, qui s’oppose au pouvoir en place à Bamako. RFI cite le secrétaire général de la nouvelle alliance, Malick Konaté, qui souligne que les deux initiatives sont complémentaires et non concurrentes. Il a expliqué la différence entre les deux alliances : « L’Alliance des forces républicaines est purement malienne, composée uniquement d’acteurs maliens, et ses activités sont exclusivement axées sur des questions financières. Notre alliance, en revanche, rassemble des représentants des trois pays : le Burkina Faso, le Niger et le Mali ». Konaté a insisté sur la nécessité de dépasser les luttes individuelles au niveau national pour parvenir à une « coordination régionale efficace », affirmant que « ceux qui combattent dans leurs pays respectifs poursuivront leur combat, mais nous nous efforçons de réaliser une coordination régionale globale au Sahel ».
Il a précisé que ce que l’on appelle « Alliance sahélienne » n’est rien de plus qu’un bloc militaire, la qualifiant de « junte putschiste ». Les forces civiles, a-t-il expliqué, combattent à l’intérieur de leurs frontières, mais ce dont nous avons besoin aujourd’hui, c’est de transcender ce cadre étroit pour parvenir à une coordination régionale qui unisse le Mali, le Niger et le Burkina Faso, permettant ainsi une pression collective pour rétablir l’ordre constitutionnel dans la région.