Le gouvernement ivoirien a dissous la Commission Électorale Indépendante (CEI) suite aux critiques persistantes concernant sa gestion des élections, a annoncé mercredi le porte-parole du gouvernement, Amadou Coulibaly. Lors d’une conférence de presse tenue à l’issue du Conseil des ministres, M. Coulibaly a indiqué que le gouvernement avait approuvé cette décision après des désaccords répétés sur l’indépendance de la commission et sa gestion des élections. Il a expliqué que cette mesure vise à ouvrir la voie à un nouveau système de gestion électorale et à contribuer à restaurer la confiance du public dans le processus électoral, dans le but de garantir des élections pacifiques.
M. Coulibaly a précisé que des discussions au sein du gouvernement détermineront la structure qui remplacera la CEI. La Côte d’Ivoire a tenu sa dernière élection présidentielle en octobre 2015, lors de laquelle le président Alassane Ouattara a remporté un quatrième mandat avec près de 90 % des voix, après que plusieurs figures importantes de l’opposition ont été empêchées de se présenter. Cette décision avait suscité des critiques de la part de l’opposition et des organisations de la société civile quant à l’inclusivité du processus électoral. La Commission électorale indépendante (CEI), créée en octobre 2001, supervise toutes les élections en Côte d’Ivoire depuis la fin du régime militaire et se trouve au cœur de presque tous les grands conflits électoraux, notamment l’élection présidentielle de 2010, dont les résultats contestés ont engendré des mois de violences sanglantes.
Les partis d’opposition accusent depuis longtemps la CEI de manquer d’indépendance, affirmant que ses membres sont fortement partiaux envers la coalition au pouvoir – des allégations que les autorités ont toujours démenties.