Politique

Huit dirigeants de l’opposition condamnés à huit ans de prison au Tchad

Un tribunal de N’Djamena, la capitale tchadienne, a condamné huit dirigeants du Groupe de coordination politique (GCAP), plateforme d’opposition au Tchad, à huit ans de prison chacun, pour des chefs d’accusation liés à « rassemblement armé », « rébellion », « insurrection » et « possession d’armes de guerre ». Le parquet avait requis des peines allant jusqu’à dix ans. Parmi les condamnés figure Max Kimkoye, président du parti d’opposition Union pour le développement démocratique et le progrès (UDDP), également à la tête du GCAP. Il a été reconnu coupable de « complot criminel » et de « rébellion ». Le tribunal a retenu les mêmes charges contre les huit autres membres de l’opposition. Bédi Valentin, président du Parti africain pour la paix et la justice sociale (PACS), a été reconnu coupable de possession d’armes à feu sans permis.

Le verdict a été prononcé par contumace, les accusés restant détenus à la prison de Klissoum. Seuls l’équipe de la défense et quelques proches des dirigeants de l’opposition étaient présents au tribunal. L’audience devait débuter à 10h00, heure tchadienne, mais le tribunal a rendu son verdict une heure plus tôt, provoquant les critiques des partisans de l’opposition. Ces derniers estimaient que les autorités avaient délibérément empêché la présence du public et les manifestations de soutien aux accusés. Les avocats de la défense ont qualifié le verdict de « hâtif et sévère », arguant que le dossier manquait de preuves suffisantes. Maître Athanas, avocat et porte-parole de la défense, a déclaré que la sentence « s’apparente à un assassinat judiciaire », notamment compte tenu de l’âge avancé de certains accusés.

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Il a ajouté que l’accusation « n’a pas réussi à prouver la culpabilité de ses clients », il a également affirmé que le verdict s’inscrivait dans une tendance à faire taire les voix dissidentes dans le pays. La décision du tribunal a suscité l’indignation au sein des partis de la coalition d’opposition, même si seuls quelques-uns de ses dirigeants ont publiquement exprimé leur position par crainte de persécutions ou de représailles. Les opposants ont qualifié le procès de « honteux », critiquant la rapidité avec laquelle le verdict a été rendu.

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