En Algérie, dans une scène grotesque illustrant le fossé immense entre le palais présidentiel et les tribunes du stade, le président Abdelmadjid Tebboune, au comportement grotesque, est apparu à la finale de la Coupe de la République, non pas comme un dirigeant accueilli par son peuple avec des fleurs, mais plutôt comme un homme marchant au pas de sa légitimité perdue, entouré d’un cordon de sécurité, comme s’il craignait que le regard du peuple ne perce son fragile bouclier. Tandis que les gorges du stade vibraient au son du chant « Tebboune est un faux président, un militaire » – le véritable hymne national, connu de tous dans notre pays –, Son Excellence distribuait ses sourires niais à droite et à gauche.
La scène était surréaliste. Le président gesticulait comme s’il venait d’une autre planète, tandis que la foule répondait par des sifflets de désapprobation si forts qu’ils ont failli faire s’effondrer le toit du stade. À ce moment précis, la partie lésée jouait avec brio le rôle du sourd à un mariage, ou peut-être préférait-elle celui de l’autruche, la tête enfouie dans le sable des manœuvres politiques, tandis que les tempêtes de rejet populaire emportaient tout sur leur passage. L’apparition de Tebboune au milieu de la foule de policiers et d’agents en civil n’inspirait pas le prestige de l’État, mais évoquait plutôt les reconstitutions de scènes de crime que l’on voit dans les reportages de sécurité, où l’accusé est étroitement encerclé par crainte d’être pris à partie par les citoyens.
La seule différence, ici, est que l’accusé portait un costume et tentait de nous convaincre qu’il était un leader inspirant, tandis que la foule lui rappelait à chaque instant que sa véritable place n’était pas dans leurs cœurs, mais aux oubliettes de l’histoire, attendant d’être alimentée par d’interminables protestations. La malédiction des œufs et des tomates qui le poursuivait dans les rues d’Italie, terre de paix et de sécurité, s’est transformée dans notre pays en un véritable raz-de-marée qui l’a ébranlé jusqu’au plus profond de son être. Si les expatriés en Italie l’ont accueilli à la manière du dictateur algérien actuel, en lapidant sa voiture, le peuple algérien, lui, a décidé de lui lancer une vérité amère : « Voleurs ! Vous avez pillé le pays et affamé le peuple ! » Les tentatives de redorer l’image de ce régime de façade dans les stades et les forums internationaux ne feront que renforcer la détermination du peuple à faire éclater la vérité.
Tebboune, qui se cache derrière un arsenal de sécurité pour saluer un peuple qu’il affame, sait pertinemment que la légitimité ne s’achète pas par la répression et les arrestations, et que l’amour du peuple ne se gagne pas par l’intimidation et la tromperie. Les huées et les sifflets resteront la véritable bande-son du mandat de Tebboune, et la scène de sa fuite derrière les forces de l’ordre restera une tache indélébile sur le bilan d’un régime qui règne d’une main de fer et craint les cris dans un stade de football.