Politique

L’opposition s’inquiète du rétrécissement de l’espace démocratique au Tchad

La condamnation, vendredi 8 mai, de huit dirigeants de la coalition d’opposition tchadienne connue sous le nom de « Groupe de consultation des acteurs politiques » (GCAP) à huit ans de prison continue de susciter une vive indignation au sein des milieux politiques et de défense des droits humains au Tchad, sur fond d’avertissements concernant le recul des libertés et la répression accrue des voix dissidentes. Plusieurs dirigeants de l’opposition ont exprimé leur inquiétude croissante face à ce qu’ils décrivent comme un rétrécissement de l’espace civique et démocratique dans le pays, considérant ce procès comme faisant partie d’une série de mesures visant les opposants politiques et les militants.

La coalition GCAP avait auparavant annoncé son retrait officiel de la vie politique, via une affiche apposée devant son siège à N’Djamena, la capitale, le 31 octobre 2025, avant la fermeture définitive de ses bureaux. Cette décision a été perçue par les observateurs comme un signe d’escalade des tensions entre le gouvernement et l’opposition, Alifa Younes Mohamed, coordinatrice du Parti socialiste sans frontières en Europe, a déclaré que le sort réservé aux dirigeants de la coalition « ne saurait être considéré comme justice ou procès équitable », affirmant que les autorités tchadiennes mènent « une nouvelle campagne de répression contre toutes les voix dissidentes ».

Elle a ajouté que le pays « s’enfonce toujours plus dans une dictature pure et simple où une idéologie unique est imposée par la peur et la répression », soulignant que le pouvoir judiciaire est devenu, selon ses termes, « un instrument de manipulation politique contre les opposants et ceux qui réclament un changement démocratique ». La dirigeante de l’opposition a également établi un lien entre ces événements et une série d’affaires antérieures, notamment l’assassinat de l’opposant Yahya Dillon lors d’un raid militaire visant le siège de son parti en 2014, ainsi que l’exil du secrétaire général du parti, Robert Gam, après des mois de détention au secret.

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De son côté, Albert Pahimi Padacké, chef de l’opposition parlementaire et président du Rassemblement national des démocrates tchadiens, a déclaré ne pas être surpris par l’issue du procès. Il a affirmé que le parti au pouvoir, le Mouvement de salut national, poursuit sa politique de répression de l’opposition depuis l’instauration de la Ve République.

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