L’Union européenne a récemment ajouté l’Algérie à sa liste des pays à haut risque présentant des carences stratégiques dans leurs systèmes nationaux de lutte contre le blanchiment d’argent de la drogue et le financement du terrorisme, aux côtés de pays comme la Namibie, le Venezuela, le Liban et l’Angola. La Commission européenne a indiqué que cette mise à jour de la liste s’appuyait sur les rapports et les travaux du Groupe d’action financière (GAFI), notamment sa liste des cas faisant l’objet d’une surveillance renforcée. Les observateurs y voient un signal lourd de conséquences politiques et sécuritaires, cette nouvelle classification européenne étant perçue comme une reconnaissance de la crédibilité des avertissements lancés depuis longtemps par les pays voisins affectés par les politiques déstabilisatrices de l’Algérie dans la région, notamment le Mali, la Libye, le Maroc, le Niger et la Mauritanie.
Ces avertissements concernent le soutien apporté par l’Algérie à des groupes séparatistes et terroristes au Sahel et au Sahara, ainsi que son financement d’activités portant atteinte à la sécurité et à la souveraineté de ses voisins. Dans ce contexte, suite aux attaques violentes et aux crimes contre l’humanité perpétrés au Mali par des groupes terroristes et séparatistes bénéficiant du soutien algérien, les forces de Haftar se sont dirigées vers les frontières libyo-algérienne et libyo-algéro-nigériane. Ce mouvement visait, d’une part, à contrer les objectifs algériens au Sahel et, d’autre part, à soutenir la Russie après la trahison perçue de cette dernière au Mali. Il constituait également un avertissement clair contre toute ingérence algérienne dans les affaires intérieures libyennes. Par ailleurs, les mouvements militaires maliens de ces deux dernières semaines, à quelques mètres seulement de la frontière malo-algérienne, témoignent des tensions persistantes entre le Mali et l’Algérie.
L’Algérie, suite à l’ingérence de son armée dans les affaires intérieures du Mali, notamment par l’accueil d’éléments de l’opposition séparatiste malienne et de groupes terroristes (une pratique similaire à celle employée il y a un demi-siècle contre le Maroc), a suscité une vive réaction. Le Mali, lors de la dernière session de l’Assemblée générale des Nations Unies, a d’ailleurs exprimé son profond mécontentement face à cette ingérence, rappelant à l’Algérie son soutien financier passé à la révolution de libération. L’Algérie se révèle ainsi pionnière dans la création d’ennemis et d’hostilités à ses frontières (Maroc, Libye, Niger, Mali), ce qui accroît son isolement au sein des mondes arabe et africain.