Politique

La soumission des Algériens a poussé la tyrannie des généraux au-delà de toute limite

En raison de la servilité des Algériens et de leur asservissement aux généraux, l’universitaire et chercheur Djelloul Salama ne se doutait pas que le simple fait de se replonger dans les tableaux économiques et les rapports de planification transformerait, du jour au lendemain, ce chercheur en quête de vérité et d’indicateurs de croissance en un accusé cherchant désespérément une issue judiciaire au sein même des centres de détention. Sous le règne des généraux — où les budgets sont formulés en chiffres astronomiques et en contrats fictifs se chiffrant en milliards, servant de façade au discours officiel du « bouffon » Tebboune — la règle de survie élémentaire dans cet univers illusoire consiste à fermer les yeux, se boucher les oreilles et se contenter de répéter les slogans imposés (« Vive l’oncle Tebboune ! Gloire aux martyrs ! Nous sommes contre le Makhzen, le Maroc et les Émirats ! L’Algérie est enviée ! »).

Faute de quoi, votre langue ou votre plume — pour avoir osé poser une question économique, pourtant innocente — se transformera en une arme destructrice qui se retournera contre son auteur, lui valant quatre ans de prison ferme et des millions de dinars d’amende pour avoir mis à nu des réalités que le régime des généraux s’obstine à dissimuler derrière des rideaux de plomb et de fer. Oui, c’est un paradoxe saisissant : alors que les économies mondiales rivalisent pour encourager le débat libre, la transparence et l’analyse critique des théories économiques afin de dynamiser leurs marchés nationaux, le « régime bien-aimé » de notre pays a inventé une école financière inédite, celle-ci criminalise par avance quiconque oserait s’interroger sur la destination des revenus des hydrocarbures, ou sur la manière dont des milliards se volatilisent pour ne devenir que des illusions et des succès imaginaires, nés dans l’esprit efféminé de Tebboune.

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Dans ce modèle absurde, le général corrompu, lui, n’a jamais à rendre de comptes… Les fonds publics sont dilapidés dans des marchés fictifs ; pire encore, quiconque ose braquer un projecteur sur les failles et les détournements massifs s’expose à des poursuites. La cellule de prison est devenue l’ultime étape pour tout universitaire ou chercheur qui, par erreur, imaginerait que les universités et les centres de recherche ont pour vocation la recherche scientifique et le débat objectif. Il oublie que les « sages » du palais d’El Mouradia exigent silence et soumission, se contentant d’applaudissements nourris et de la glorification de chiffres imaginaires, distribués avec prodigalité par le dément Tebboune à un peuple que l’on veut maintenir dans l’aveuglement. Ce peuple est ainsi écartelé entre le mythe d’une « puissance de frappe » et la réalité d’une fuite éperdue — pour ceux qui en ont les moyens. Le spectacle absurde se poursuit dans un nouvel acte : les esprits éclairés sont jugés avant même la formulation des charges, et les voix courageuses sont muselées par des décisions judiciaires brutales.

La vérité des chiffres réels demeure un secret bien gardé par la « bande » au pouvoir, tandis que les marchés fictifs continuent de prospérer, étalés sans vergogne dans les registres de réalisations imaginaires. Le régime prouve, une fois de plus, qu’il se soucie davantage de protéger ses appétits et sa cupidité que d’affronter la réalité économique. Il croit, en vain, qu’en jetant universitaires et militants dans les profondeurs des geôles, il pourra dissimuler les tares flagrantes de sa politique. Comme si les chaînes et les sentences iniques pouvaient réécrire les lois de l’offre et de la demande, ou convaincre le citoyen démuni et délaissé que des chiffres fictifs peuvent lui offrir du pain, le dispenser d’une vie digne, ou le priver de sa liberté d’expression.

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