Les autorités tunisiennes ont libéré lundi soir les employés de la branche tunisienne de l’ONG française Terre d’Asile. Ces employés étaient accusés d’avoir facilité l’« entrée et le séjour illégaux » de migrants, selon un comité de soutien. Ce comité, qui soutient Sharifa Riahi, l’ancienne directrice de l’ONG, a publié une vidéo sur Facebook la montrant quitter la prison et a confirmé la libération des autres employés. Dawoud Yaakoub, membre de l’équipe de défense de Mme Riahi, a expliqué que le tribunal « a condamné les cinq accusés, dont Mme Riahi, à deux ans de prison avec sursis ». Il a ajouté : « Nous connaîtrons le reste du verdict demain », selon l’AFP.
Avant l’audience, le comité de soutien de Mme Riahi a souligné que « toutes les charges relatives à des activités non déclarées ou à des activités contraires à la loi, aux coutumes ou aux principes humanitaires ont été abandonnées » au cours de l’enquête. Elle a ajouté que les « allégations relatives à des financements ou flux financiers suspects, ou à des irrégularités financières » ont également été abandonnées. Parmi les 23 accusés, 17 étaient membres du conseil municipal de Sousse-Est, dont deux sont en détention provisoire. Ils étaient accusés d’avoir fourni des locaux à l’association. Les 23 accusés encouraient jusqu’à 10 ans de prison s’ils étaient reconnus coupables de « complot et de constitution d’une organisation » visant à « aider un étranger… et à faciliter son entrée et son séjour illégaux en Tunisie, ainsi qu’à héberger des personnes entrées clandestinement sur le territoire tunisien ».
Parallèlement, les avocats ont fait valoir que les accusés « menaient une action humanitaire pour aider les demandeurs d’asile et les migrants dans le cadre d’un programme approuvé par l’État tunisien et en coordination directe avec le gouvernement ». La Rapporteuse spéciale des Nations Unies sur la situation des défenseurs des droits de l’homme, Mary Lawlor, a appelé dimanche les autorités tunisiennes à « libérer (Riahi) au lieu de la poursuivre sur la base d’accusations fallacieuses liées à son plaidoyer en faveur des droits des migrants ».