Le Ghana sollicite la reconnaissance par l’ONU de la traite négrière transatlantique comme le « plus grand crime contre l’humanité », une démarche historique visant à ancrer cette période sombre dans la conscience internationale. Le président ghanéen, John Dramani Mahama, a annoncé que son pays soumettrait une résolution formelle à l’Assemblée générale des Nations Unies en mars afin de faire reconnaître la traite négrière transatlantique comme le crime le plus odieux contre l’humanité.
S’exprimant à la clôture du sommet annuel de l’Union africaine à Addis-Abeba, en Éthiopie, M. Mahama a déclaré que cette initiative n’était « qu’un premier pas », ajoutant : « Nous sommes convaincus que grâce aux consultations menées et avec le soutien de l’Union africaine, la vérité sera enfin reconnue : la traite transatlantique des esclaves fut la plus grande injustice et le plus grand crime contre l’humanité. » Le président ghanéen, dont le pays fut la première nation africaine à accéder à l’indépendance en 1957, a expliqué que la résolution qui sera présentée aux États membres de l’ONU s’intitule : « Déclaration sur la traite négrière et l’esclavage racial des Africains, crime le plus grave contre l’humanité ». Il a souligné que l’adoption de cette résolution « n’effacera pas l’histoire, mais la reconnaîtra ».
La traite négrière des Africains réduits en esclavage et les autres formes d’esclavage racial sont des problèmes fondamentaux qui ont façonné le monde moderne, et leurs effets continuent de se manifester aujourd’hui sous forme d’inégalités structurelles, de discrimination raciale et de disparités économiques. Dans ce contexte, M. Mahama a insisté : « Si le passé ne peut être changé, il peut être reconnu », affirmant que cette démarche s’inscrit dans un effort global visant à restaurer la dignité des victimes et à mettre au jour les vérités historiques occultées. Le fort de Cape Coast au Ghana, ancien comptoir colonial ayant joué un rôle central dans la traite négrière, témoigne de cette époque et a été inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO en 1979. En novembre 2023, l’ancien président ghanéen, Nana Akufo-Addo, a appelé à l’unité nationale pour exiger des réparations pour la traite transatlantique et les dommages qu’elle a causés durant la période coloniale.