Le gouvernement sénégalais a approuvé un projet de loi renforçant la législation relative aux « actes contre nature » et étendant le champ d’application des sanctions aux personnes et organisations accusées de « promouvoir » l’homosexualité. Ce projet de loi doit encore être approuvé par le Parlement pour entrer en vigueur. Cette loi concrétise une promesse électorale du PASTEF, le parti au pouvoir. Le gouvernement a annoncé que le projet de loi vise principalement à durcir les sanctions prévues à l’article 319 du code pénal en portant la peine maximale d’emprisonnement à dix ans et l’amende à dix millions de francs CFA, contre un million et demi actuellement.
Le durcissement des sanctions ne s’arrête pas là ; il prévoit également une modification de la définition des « actes contre nature » et l’ajout de nouvelles dispositions criminalisant toute forme de promotion de l’homosexualité, que ce soit par le biais d’organisations, de contenus médiatiques ou d’activités culturelles. Le ministre sénégalais de la Culture, Amadou Ba, a déclaré que « les sanctions viseront toutes les organisations qui tentent de promouvoir les idéologies LGBTQ+, que ce soit par le biais de films de propagande, du cinéma, de la télévision ou de publications. Ces idéologies sont étrangères aux coutumes, traditions et à la culture sénégalaises ». Il a souligné que le projet de loi prévoit également des sanctions pour les fausses accusations afin d’empêcher l’instrumentalisation de cette question à des fins malveillantes, expliquant que « toute personne qui accuse un individu d’homosexualité sans preuve encourra une peine de prison de deux à trois ans et une amende de 200 000 à 500 000 francs CFA ».
L’adoption de ce projet de loi intervient une dizaine de jours après l’arrestation de plusieurs hommes accusés d’« actes contre nature » et de transmission intentionnelle du VIH. Le texte devrait être prochainement soumis au vote du Parlement sénégalais avant d’être promulgué.