À l’approche de l’Assemblée générale des Nations Unies, le Ghana semble prêt à saisir une occasion historique de relancer le débat sur la traite transatlantique. Le pays entend s’appuyer sur son rôle historique de principal point de départ pour les Africains réduits en esclavage et destinés aux Amériques et à l’Europe, ainsi que sur le soutien continental et international dont il bénéficie. Ce soutien contraste fortement avec la réticence manifeste des pays occidentaux à reconnaître les principes internationaux relatifs au droit à réparation, à la réhabilitation et à la justice.
Lors du sommet de l’Union africaine qui s’est tenu à Addis-Abeba à la mi-février, le président ghanéen John Dramani Mahama a annoncé que son pays soumettrait à l’Assemblée générale des Nations Unies un projet de résolution ayant recueilli un important soutien africain. Cette résolution vise à qualifier la « traite négrière en Afrique » de « crime le plus grave contre l’humanité » et son examen est prévu pour le 25 mars, Journée internationale de commémoration des victimes de l’esclavage et de la traite transatlantique. Dans son discours de clôture à la conférence, John Mahama a souligné que l’adoption de la résolution de l’ONU « n’effacera pas l’histoire de l’esclavage transatlantique, mais la reconnaîtra », sans viser aucun pays en particulier.
Il a insisté sur le fait que la question ne se limite pas à la demande de compensation financière, mais vise avant tout à rétablir les droits historiques et à consolider la reconnaissance internationale des souffrances endurées par des millions d’Africains. Selon le président ghanéen, le mouvement africain en faveur de la reconnaissance internationale des victimes de la traite transatlantique a réalisé des « progrès significatifs ». Il a affirmé que cette initiative « est fermement ancrée dans le droit international » et que l’esclavage est interdit par le droit international. Le président ghanéen a expliqué que le projet africain repose sur trois piliers principaux : la rigueur historique, la solidité du cadre juridique et le consensus continental et diasporique.