Une pièce de théâtre satirique a provoqué une vive polémique à Kairouan, en Tunisie, après que son auteur a comparé la ville à « l’île d’Epstein », une expression associée à des crimes immoraux. Nombreux sont ceux qui ont perçu le sketch comme une atteinte à l’importance historique et religieuse de la ville, ce qui a conduit le procureur à ouvrir une enquête. Le jeune homme, acteur amateur, participait à un sketch humoristique dont des extraits ont circulé sur les réseaux sociaux, se moquant de plusieurs gouvernorats du pays. Il a déclaré : « Kairouan est comme l’île d’Epstein », provoquant les rires du public.
Cependant, la vidéo a rapidement suscité de vives réactions sur les réseaux sociaux, notamment de la part des habitants, qui ont jugé la comparaison offensante et une atteinte à la dignité et au prestige des Kairouanais, compte tenu de l’importance religieuse et historique de la ville en Tunisie et dans le monde islamique. Dans ce contexte, le militant Mohamed Sediri a estimé que les propos tenus à l’égard de Kairouan avaient « franchi toutes les lignes rouges », ajoutant que « ce n’est pas une île suspecte, mais bien un phare du savoir, de la religion et de l’histoire, reconnu de tous, et la dignité de ses habitants n’est pas une chose à prendre à la légère ».
Il a souligné que ce qui était présenté dans cette pièce « n’est pas une comédie, mais une insulte et une calomnie flagrantes qui portent atteinte à la réputation de toute une ville et de ses habitants. La loi tunisienne criminalise ce type d’acte dès lors qu’une expression se transforme en attaque morale contre des personnes ou des entités », exigeant des autorités compétentes l’ouverture d’une enquête sérieuse et l’engagement de poursuites judiciaires. Quant à Walid Zarrouk, il a écrit dans un commentaire que « la ville de Kairouan n’est pas l’objet d’une plaisanterie stupide, ni un sujet de buzz sur les réseaux sociaux », soulignant que « son histoire est antérieure à tout cela, car c’est une ville fondée par le leader Uqba ibn Nafi, et elle est devenue le cœur battant de la civilisation et du savoir au Maghreb islamique ».