Société

Pourquoi la nouvelle loi sur la citoyenneté a-t-elle semé la division au Gabon ?

Le 25 mars, le gouvernement gabonais a publié au Journal officiel la loi amendée sur la citoyenneté, marquant une étape cruciale dans la transition délicate du pays. Cette loi, promulguée par décret présidentiel pendant une interruption des travaux parlementaires, a suscité une vive controverse, non seulement en raison de son contenu, mais aussi de la manière dont elle a été adoptée, sans débat public ni vote législatif. Le 26 février 2026, le président gabonais Brice Olégi Nguema a annoncé une série de décrets présidentiels, dont une refonte radicale de la loi sur la citoyenneté en vigueur depuis 1999.

Si les autorités ont défendu la légalité de ces décrets en invoquant l’article 99 de la Constitution, les critiques ont fait valoir que le recours à une telle méthode dans un domaine aussi sensible reflétait une volonté d’éviter une confrontation démocratique. Au cœur de la controverse, la loi introduit, pour la première fois, une classification hiérarchique des citoyens, distinguant les « Gabonais de naissance », les « Gabonais par adoption » et les « Gabonais par filiation ». Cette distinction était absente du texte de loi précédent, qui stipulait explicitement que tous les détenteurs de la nationalité gabonaise la possédaient à égalité. Cette classification exclut de fait les citoyens naturalisés et ceux qui ont acquis la nationalité par mariage de l’accès à des postes sensibles, tels que les magistrats, les ministères et les fonctions présidentielles.

Le chef de l’opposition gabonaise, Alain Claude Bilie By Nze, considère ces mesures comme une discrimination flagrante qui contrevient au principe d’égalité républicaine. Il fait valoir qu’un citoyen gabonais peut s’engager dans l’armée et sacrifier sa vie pour défendre la nation, tout en étant empêché d’occuper des postes de responsabilité au sein de celle-ci. La situation est d’autant plus complexe, selon le quotidien gabonais Le Confidentiel du Gabon, que la loi repose sur la notion d’« origine ethnique », définie comme l’appartenance à des populations établies sur le territoire gabonais « avant la mise en place des institutions modernes de l’État ».

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