Des Tunisiens ont manifesté pour exiger l’expulsion des immigrés en situation irrégulière et l’application des lois relatives au séjour et à l’entrée sur le territoire tunisien. Les autorités misent quant à elles sur le retour volontaire des migrants dans leur pays d’origine. Les manifestants se sont rassemblés place de la Kasbah, près du siège du gouvernement, scandant des slogans réclamant des solutions à ce qu’ils qualifient d’« augmentation significative » du nombre d’immigrants et à leur présence généralisée dans plusieurs villes. Ils ont également demandé un renforcement des contrôles aux frontières afin de protéger la souveraineté et la sécurité nationales. Les manifestants ont insisté sur leur refus de faire de la Tunisie une zone de relocalisation, scandant des slogans exigeant l’« expulsion immédiate » de toute personne entrée illégalement sur le territoire sans titre de séjour, ainsi que des sanctions contre quiconque héberge ou emploie des immigrés sans papiers en dehors du cadre légal.
Un participant a déclaré : « Nous sommes ici pour dire aux migrants sans papiers : quittez notre pays. La situation est devenue insupportable. Ils nous étouffent partout : hôpitaux, marchés, commerces, emplois. L’État doit agir pour protéger le pays ». Ces manifestations témoignent du mécontentement croissant de la population face à l’augmentation du nombre de migrants sans papiers dans plusieurs villes et quartiers tunisiens. Certains citoyens s’inquiètent de la pression exercée sur les services publics, les perspectives d’emploi et la sécurité. Parallèlement, les autorités poursuivent la mise en œuvre d’un programme encourageant les migrants à retourner volontairement dans leur pays d’origine afin de réduire leur nombre et d’alléger la pression croissante sur certaines villes, notamment dans le sud-est du pays.
Jeudi dernier, le ministère de l’Intérieur a annoncé avoir facilité le retour d’environ 4 000 migrants dans leur pays d’origine depuis le lancement du « Projet d’intervention humanitaire » en juillet 2015. Les autorités visent 10 000 retours volontaires d’ici la fin de l’année. De nombreux observateurs estiment que ce plan est insuffisant s’il n’est pas accompagné d’un contrôle plus strict des frontières terrestres en coordination avec les pays voisins, afin d’empêcher l’entrée d’un nombre croissant d’immigrants illégaux, notamment après le renforcement du contrôle des frontières maritimes et le confinement des immigrants sur le territoire tunisien.