La directrice du Programme commun des Nations Unies sur le VIH/sida (ONUSIDA) a exprimé lundi sa consternation face au projet des États-Unis de retirer leur financement de la lutte contre le VIH/sida en Afrique du Sud. Elle a exhorté Washington à reconsidérer sa décision et a averti qu’elle pourrait entraîner des pertes de vies humaines dans le pays qui compte le plus grand nombre de personnes vivant avec le VIH, s’exprimant lors d’une conférence de presse de l’ONU en amont d’une conférence de haut niveau sur le VIH/sida, Winnie Byanyima a déclaré que des coupes budgétaires plus importantes dans l’aide mondiale menaçaient de compromettre des décennies de progrès dans la lutte contre la maladie.
Dans un communiqué transmis par courriel, le département d’État américain a indiqué que les États-Unis avaient « décidé d’entamer un retrait progressif » du Plan d’urgence du Président pour la lutte contre le sida (PEPFAR) en Afrique du Sud « après que l’Afrique du Sud n’ait pas réalisé de progrès significatifs dans la mise en œuvre des politiques demandées par l’Administration ». Elle a souligné que le programme PEPFAR n’était pas conçu pour être permanent et que l’Afrique du Sud est « un pays à revenu intermédiaire, parfaitement capable de financer ses propres programmes de santé ». La semaine dernière, Semafor citait un responsable du Département d’État et deux assistants parlementaires affirmant que cette décision faisait suite au refus de l’Afrique du Sud de se conformer aux exigences américaines concernant la réduction de son partenariat avec l’Iran, la fin des politiques visant à l’émancipation économique des Noirs et la lutte contre les slogans anti-apartheid « À mort les Boers ».
Interrogé sur la décision américaine, Byanyima a déclaré : « Je suis attristé. Retirer ce programme revient à priver les plus vulnérables d’une aide vitale. C’est donc regrettable. Je demande aux États-Unis de reconsidérer leur position». Le président américain Donald Trump avait gelé plusieurs programmes d’aide étrangère au début de son mandat avant de rétablir une aide essentielle, notamment certains volets du programme PEPFAR.