Société

Le Nigéria s’apprête à dépénaliser les tentatives de suicide

Le gouvernement nigérian prévoit de soumettre un projet de loi à l’Assemblée nationale afin de dépénaliser les tentatives de suicide. Cette initiative vise à modifier des lois datant de l’époque coloniale et à considérer les tentatives de suicide comme un problème nécessitant une intervention médicale et psychologique plutôt que comme un acte répréhensible. L’Organisation mondiale de la Santé estime qu’environ 7 000 personnes se suicident chaque année au Nigéria, tandis que le nombre de tentatives de suicide dépasse les 300 000. En vertu de la législation actuelle, les personnes qui tentent de se suicider encourent jusqu’à un an de prison et une amende — des sanctions héritées de la législation coloniale.

Ce nouveau projet de loi devrait changer la donne. Le ministre nigérian de la Santé, Mohammed Ali Bati, a exprimé son soutien à la dépénalisation, soulignant dans un communiqué de presse la nécessité de « ne plus considérer les tentatives de suicide comme un crime », grâce à ce nouveau plan, le gouvernement nigérian ambitionne de réduire de 15 % le nombre de suicides et de tentatives de suicide d’ici 2030, compte tenu des problèmes de santé mentale croissants dans ce pays d’environ 240 millions d’habitants. Les professionnels de la santé mentale ont salué cette initiative, arguant que la criminalisation des tentatives de suicide ne s’attaque pas aux causes profondes qui poussent les individus à mettre fin à leurs jours.

Jibril Abdulmalik, professeur de psychiatrie et directeur de la Fondation Asido, qui œuvre pour la santé mentale et la prévention du suicide, a déclaré que la loi n’avait pas permis de lutter efficacement contre ce phénomène, se félicitant que le gouvernement ait commencé à prendre en compte cet aspect de la législation. M. Abdulmalik a expliqué que, selon les données disponibles, 80 à 90 % des personnes qui tentent de se suicider souffrent de dépression. Il a insisté sur le fait que ces personnes ont besoin de soins, de compassion, de soutien et de réadaptation, et non d’arrestation ou de poursuites judiciaires. Parallèlement, l’expert a appelé le gouvernement à allouer davantage de ressources à la santé mentale, soulignant la nécessité d’en faire une priorité, d’augmenter le nombre de professionnels de santé spécialisés et d’élaborer un plan garantissant la disponibilité des ressources humaines nécessaires pour relever les défis croissants liés à la santé mentale au sein de la société nigériane.

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