La présidence tchadienne a annoncé mercredi la formation d’un nouveau gouvernement de 37 membres, de nouveau dirigé par la Première ministre Alamaye Hélène. Si la composition du gouvernement affiche une certaine continuité grâce à la reconduction de ministres de l’équipe précédente, certains noms ont retenu l’attention, notamment la nomination de Sitak Youmbaténa au poste de ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de la Formation professionnelle, en remplacement de Tom Erdimi, qui a démissionné début mars. Radio France Internationale a qualifié le gouvernement de « jeu de chaises musicales », faisant référence à la continuité des changements, mais a souligné l’importance politique de l’entrée en fonction de M. Youmbaténa, ancien vice-président du parti « Transformers ».
M. Youmbaténa avait quitté le parti en août 2015, suite à la condamnation de son chef, Sekses Massra, à 20 ans de prison pour des accusations incluant la « diffusion de messages racistes et xénophobes ». Ce retrait avait été perçu à l’époque comme une « défection stratégique », voire une « trahison », compte tenu du moment où il intervenait, comme l’a expliqué le chercheur tchadien Ramadji Hounatehi à la radio. Il estime que sa nomination actuelle pourrait être interprétée comme « une récompense des autorités pour avoir quitté les rangs du parti des Transformateurs ». Le chercheur rappelle un précédent similaire : la démission de Mustapha Mesri, également ancien vice-président du parti, en avril 2022, une décision considérée comme un gain politique pour le gouvernement.
De leur côté, les dirigeants du parti ont adopté un ton mesuré. Le secrétaire général du parti a déclaré que Youmbatina était « libre de ses choix politiques », ajoutant que le parti estimait que « le Tchad pourrait bénéficier de sa présence au gouvernement s’il reste l’homme que nous connaissons dans nos rangs ». Le récent remaniement ministériel au Tchad intervient dans un contexte politique et sécuritaire complexe. Si la présidence a maintenu la continuité au sein de l’équipe gouvernementale en reconduisant plusieurs ministres, l’introduction de nouvelles personnalités comme Sitak Youmbatina, ancien dirigeant du parti « Transformers », témoigne de la volonté des autorités de renforcer leur légitimité et d’attirer des transfuges de l’opposition.