Le président guinéen Mamadi Doumbouya a annoncé le report des élections législatives et municipales, initialement prévues le 24 mai, au 31 mai. Si ce report semble n’être qu’un ajustement technique du calendrier électoral, une analyse plus approfondie du contexte politique guinéen révèle que ce report, même d’une seule semaine, a des implications bien plus importantes que le simple aspect temporel. Il est à noter que le décret, tel que rapporté par l’Agence France-Presse, n’a fourni aucune explication ni justification officielle à ce report, se contentant de le décrire comme une mesure organisationnelle nécessaire au respect de la loi électorale.
Il convient de rappeler que la Guinée a tenu des élections présidentielles en décembre dernier, lors desquelles le président Doumbouya a remporté 86 % des voix, après avoir annoncé sa candidature, contrairement à ses déclarations précédentes. Il a prêté serment le 17 janvier. Suite à cela, en mars dernier, le gouvernement a dissous d’un coup 40 partis politiques, dont les trois principaux partis d’opposition, sous prétexte de « non-respect de leurs engagements », confisquant leurs biens et interdisant toute activité politique en leur nom. Ce dernier report intervient dans un contexte de nombreux retards qui perturbent le processus électoral guinéen depuis le coup d’État de septembre 2021. Le pouvoir avait promis une transition rapide vers un régime civil, mais les dates des élections ont été reportées à maintes reprises, au grand dam de la communauté internationale et des partis politiques, selon le magazine francophone « Révolution Africaine », spécialisé dans les affaires africaines.
Parallèlement, le discours intérieur de Doumbouya est axé sur le programme de développement « SIMANDO 2040 », qu’il a érigé en priorité absolue pour le gouvernement. Il a donné pour instruction à ses ministres de lancer tous les projets de la première phase avant la fin avril, selon le site d’information guinéen « Guinée 360 ». Les observateurs y voient un message implicite du gouvernement visant à se présenter comme une force de construction et de développement, plutôt que comme une administration de transition temporaire. Selon le magazine « Révolution Africaine », ces élections, bien que reportées d’une semaine, représentent bien plus qu’un simple exercice formel de la démocratie.