L’avenir du déploiement antiterroriste rwandais dans la province de Cabo Delgado, au nord du Mozambique, semble incertain, Kigali ayant conditionné la poursuite de sa mission à l’obtention d’une compensation financière de l’Union européenne. Le président rwandais, Paul Kagame, a déjà menacé de retirer ses troupes de cette région en proie au conflit dès le mois de mai, utilisant cette menace comme moyen de pression sur l’UE. La mission militaire contre les rebelles risque de prendre fin si l’UE ne s’engage pas à fournir un financement stable et à long terme, ces avertissements interviennent alors que des informations font état d’un possible retrait de Bruxelles de l’opération. Depuis 2022, l’UE a versé environ 46 millions de dollars, un montant estimé à moins d’un cinquième du coût total supporté par le Rwanda.
Pour le Mozambique, tout retrait des troupes rwandaises constituerait un choc sécuritaire majeur, tandis que pour l’Europe, il représenterait un risque géopolitique direct. À l’inverse, le Rwanda ne semble pas disposé à se retirer rapidement de Cabo Delgado, rendant un retrait soudain improbable. L’implication du Rwanda dans la région s’inscrit dans une stratégie à long terme, les profits escomptés étant liés au développement de projets gaziers qui ont progressivement progressé. Les sociétés de sécurité privées rwandaises espèrent également décrocher des contrats lucratifs auprès des entreprises internationales qui investissent dans la région. Depuis 2021, les forces rwandaises sont chargées de la sécurité de la région à la demande du gouvernement mozambicain, contribuant ainsi à la reprise de grands projets énergétiques qui avaient été interrompus par les activités de groupes armés. Les forces déployées comptent plus de 4 000 hommes.
Leur force réside dans leur expérience du terrain et leur connaissance du contexte local. Cependant, le Rwanda est confronté à une pression politique croissante, notamment en raison des sanctions européennes et américaines imposées suite à son rôle dans le conflit dans l’est de la République démocratique du Congo, ce qui complique toute prolongation du financement européen. Un débat est en cours au sein des institutions de l’UE concernant l’avenir de ce soutien.