Politique

Le Parlement ougandais adopte une loi amendée pour limiter l’influence étrangère

Le Parlement ougandais a adopté une loi visant à limiter l’influence étrangère, après avoir assoupli les restrictions initialement proposées sur les financements étrangers. Le gouverneur de la banque centrale avait alors qualifié ces restrictions de « menaçant de catastrophe économique ». Le projet de loi, intitulé « Loi sur la protection de la souveraineté », a été adopté mardi soir et attend désormais la signature du président Yoweri Museveni, au pouvoir depuis 1986, et ses alliés au sein du parti au pouvoir ont toujours condamné l’influence étrangère en Ouganda, accusant leurs opposants politiques nationaux de recevoir des financements étrangers et de promouvoir des agendas étrangers, tels que les droits des personnes LGBTQ+.

La loi, qui prévoit une peine pouvant aller jusqu’à 10 ans de prison en cas d’infraction, interdit à toute personne travaillant pour des entités étrangères de formuler ou de mettre en œuvre une politique sans l’approbation du gouvernement. Elle criminalise également la promotion d’« intérêts étrangers contraires aux intérêts de l’Ouganda ». Les organisations de défense des droits humains ont déclaré que la formulation vague de la loi permettrait au gouvernement de criminaliser pratiquement toute forme de dissidence politique. Le gouvernement a accusé les critiques d’exagérer l’impact du projet de loi. Cependant, la version finale du texte a atténué la formulation initiale qui avait inquiété les acteurs économiques. Par exemple, une disposition obligeant tout Ougandais recevant des fonds de l’étranger à s’enregistrer comme agent étranger et à déclarer ces fonds a été modifiée pour ne s’appliquer qu’aux personnes recevant des fonds à des fins politiques servant des intérêts étrangers.

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Les transferts de fonds des Ougandais résidant à l’étranger constituent une source essentielle de devises étrangères pour ce pays d’Afrique de l’Est. Le gouverneur de la Banque centrale, Michael Atenge-Egwu, a averti la semaine dernière que cette législation réduirait les entrées de capitaux et menacerait d’épuiser les réserves de change, ce qu’il a qualifié de « désastre économique pour notre pays ». La Banque mondiale a annoncé le mois dernier que le projet de loi pourrait exposer un large éventail de ses activités de développement courantes, y compris les réunions où sont discutées des propositions politiques alternatives, à des poursuites pénales.

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