Politique

La Cour suprême sud-africaine lève l’immunité de Ramaphosa face à la procédure de destitution

La vie politique sud-africaine entre dans une nouvelle phase de tensions après que la Cour constitutionnelle suprême a relancé la procédure de destitution contre le président Cyril Ramaphosa concernant sa ferme privée, connue sous le nom de « Fala Fala ». La Cour a statué vendredi qu’une décision parlementaire de décembre 2022, rejetant une recommandation d’engager une procédure de destitution contre Ramaphosa, était inconstitutionnelle. Elle a également ordonné que le rapport de la commission indépendante chargée d’enquêter sur l’affaire soit transmis à une commission parlementaire de destitution, ouvrant ainsi la voie à de nouvelles investigations politiques et juridiques qui pourraient constituer le défi le plus sérieux auquel le président ait été confronté depuis son entrée en fonction.

L’affaire remonte à 2020, lorsque la ferme « Fala Fala » de Ramaphosa, située dans la province du Limpopo (nord du pays), aurait été cambriolée et que des devises étrangères, dissimulées dans des meubles, auraient été volées, selon les allégations. Mais l’affaire n’a pris une ampleur politique majeure qu’après le dépôt d’une plainte officielle en 2022 par un ancien responsable du renseignement. Ce dernier accusait le président d’avoir dissimulé le crime à la police et aux autorités fiscales et d’avoir géré l’affaire en dehors du cadre légal, depuis, le scandale « Valla Valla » est devenu l’un des sujets les plus controversés d’Afrique du Sud, notamment en raison des accusations selon lesquelles le président aurait tenté d’étouffer l’affaire en poursuivant les personnes impliquées dans le vol et en achetant leur silence au lieu de les dénoncer aux autorités compétentes.

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L’arrêt de la Cour constitutionnelle a constitué un revers politique majeur pour le président et le Congrès national africain (ANC), le parti au pouvoir. La Cour a en effet confirmé que le Parlement avait manqué à son devoir de contrôle en refusant d’engager une procédure de destitution près de quatre ans auparavant. Le président de la Cour, Mandisa Maia, a déclaré que le vote de l’Assemblée nationale du 13 décembre 2022 « était inconstitutionnel, nul et non avenu, et devait être annulé ». La Cour a également jugé inconstitutionnelles certaines procédures parlementaires utilisées pour clore l’affaire, ce qui l’a conduite à la renvoyer formellement devant la commission parlementaire de destitution.

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