Les négociations relatives à l’accord de partenariat économique entre Madagascar et l’Union européenne ont suscité une vive controverse. Neuf organisations représentant les agriculteurs et la société civile ont dénoncé un manque de transparence dans les négociations en cours. Elles affirment que le seizième et dernier cycle de négociations est sur le point de s’achever sans la participation des parties concernées ni leur accès aux détails de l’accord. Le mardi 9 juin, ces organisations ont adressé une lettre conjointe à l’ambassadeur de l’UE et au ministre de l’Agriculture à Madagascar, exigeant la divulgation des détails des négociations et la publication d’informations concernant les dispositions de l’accord à destination du public et des agriculteurs.
Les accords de partenariat économique visent à réguler les relations commerciales entre l’Union européenne et plusieurs pays africains, dont Madagascar. Cependant, les organisations de la société civile soulignent n’avoir reçu aucune information sur l’avancement des négociations, alors même que celles-ci approchent de leur terme. Ces organisations s’inquiètent de l’éventualité que Madagascar soit contrainte d’adhérer à la Convention UPOV 91 sur la protection des obtentions végétales, qui étend les droits de propriété intellectuelle relatifs aux semences. Elles estiment que cette convention pourrait porter atteinte au droit des agriculteurs de conserver, sélectionner, échanger et réutiliser librement leurs semences. Zo Randriamaro, présidente du CRAAD OI, une organisation qui défend la souveraineté alimentaire et les droits des agriculteurs, a déclaré que l’adoption de cette convention pourrait avoir de graves répercussions sur la sécurité alimentaire du pays, considérant que la question des semences est fondamentale pour l’indépendance et la productivité des agriculteurs.
La coalition d’organisations exige la publication du texte du chapitre sur les semences avant la signature de tout accord définitif, afin de permettre un débat public et de recueillir les avis des parties prenantes. En revanche, la délégation de l’Union européenne a défendu les dispositions de l’accord, expliquant que le système de protection des obtentions végétales vise à assurer une protection juridique aux créateurs et sélectionneurs de variétés végétales et contribue à la mise à disposition de variétés agricoles plus productives et résistantes aux maladies, adaptées aux besoins locaux.