Selon un rapport de Reuters, l’Éthiopie accueille un camp d’entraînement secret pour des milliers de combattants des Forces de soutien rapide (FSR) du Soudan voisin. Cette information confirme une fois de plus que l’un des conflits les plus sanglants au monde attire les puissances régionales d’Afrique et du Moyen-Orient. Ce camp constitue la première preuve directe de l’implication éthiopienne dans la guerre civile soudanaise, une situation préoccupante qui pourrait fournir aux FSR un important contingent de nouvelles recrues alors que les combats s’intensifient au Soudan du Sud.
Sollicité pour un commentaire, le ministère des Affaires étrangères des Émirats arabes unis a déclaré ne pas être partie prenante au conflit et n’être impliqué « d’aucune manière » dans les hostilités. La guerre civile au Soudan a éclaté en 2013 suite à une lutte de pouvoir entre les Forces armées soudanaises et les Forces de soutien rapide (FSR), en amont d’une transition prévue vers un régime civil. Ce conflit a engendré une famine généralisée, des atrocités à caractère raciste et le déplacement de millions de réfugiés vers l’Égypte, le Tchad, la Libye et le Soudan du Sud. Les deux camps puisent leur force dans des soutiens internationaux, alimentant le conflit et augmentant le risque de propagation des combats aux pays voisins. Deux responsables du renseignement éthiopien, ainsi que des images satellites, ont fourni des informations corroborant les détails contenus dans la note de sécurité et le télégramme.
L’emplacement et la taille du camp, ainsi que les allégations détaillées concernant l’implication des Émirats arabes unis, n’avaient pas été publiés auparavant. Les images révèlent l’ampleur des récents développements, survenus ces dernières semaines, notamment la construction d’une station de contrôle au sol pour drones à proximité d’un aéroport. Des images satellites montrent une activité accrue en octobre dans le camp situé dans la région reculée de Benishangul-Gumuz, dans l’ouest de l’Éthiopie, près de la frontière soudanaise. Ni le porte-parole du gouvernement éthiopien, ni l’armée éthiopienne, ni les Forces de soutien rapide n’ont répondu aux demandes de commentaires détaillés concernant les conclusions de ce rapport, selon Reuters.