Le gouvernement militaire malgache a critiqué l’Eswatini pour avoir accueilli la semaine dernière l’ancien président Andry Rajoelina, qualifiant cette visite de « grave violation de sa souveraineté ». Vendredi dernier, le gouvernement eswatini a publié des photos du roi Mswati III rencontrant Rajoelina. Lors de cette rencontre, le roi a appelé la junte militaire malgache à rétablir l’ordre constitutionnel. Dans un communiqué, le commandant de l’armée malgache, le colonel Michael Randrianireina, a exprimé sa « plus ferme condamnation » de cette visite, la qualifiant d’« inacceptable politiquement ». Rajoelina a été renversé en octobre dernier par une élite militaire après des semaines de manifestations menées par la jeunesse sur l’île de l’océan Indien. Ces manifestations, déclenchées par des pénuries persistantes d’électricité et d’eau, ont abouti à la prise de parti de l’armée aux côtés des manifestants.
C’était la première fois que l’ancien président était vu lors d’une rencontre diplomatique depuis sa fuite de Madagascar. Le bureau du roi Mswati III a déclaré que la rencontre avec Rajoelina s’inscrivait dans le cadre du rôle de médiateur d’Eswatini en diplomatie régionale et n’avait pas pour but de s’ingérer dans les affaires intérieures de Madagascar, dans un communiqué, les autorités militaires malgaches ont affirmé que Rajoelina avait volontairement renoncé à sa nationalité malgache après avoir acquis une autre nationalité, et ont averti que toute tentative de sa part de se présenter comme le représentant légitime de Madagascar était « juridiquement infondée ». Le communiqué ajoutait : « Cette situation est particulièrement grave étant donné que la personne en question était chef d’État lors des événements tragiques de septembre et octobre 2015, qui ont entraîné la mort d’une trentaine de citoyens malgaches ».
Les autorités militaires ont déclaré que recevoir Rajoelina en Eswatini pourrait entraver le processus de réconciliation nationale en cours et le rétablissement de la Constitution à Madagascar. Dans une déclaration publiée lundi, Percy Similan, porte-parole de la monarchie, a indiqué que le dirigeant déchu ne sollicitait ni « protection ni intervention » du Royaume d’Eswatini. M. Similan a expliqué que le roi avait consulté la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) avant sa rencontre avec M. Rajoelina.