En République démocratique du Congo, le débat s’intensifie quant à la possibilité de réformer la Constitution. On évoque de plus en plus la possibilité d’un troisième mandat présidentiel pour l’actuel président Félix Tshisekedi, dans un contexte de crise persistante avec les rebelles de l’est du pays. Ces discussions potentielles, alimentées par les médias locaux, sont perçues par un expert des affaires africaines, interrogé par Asharq Al-Awsat, comme une simple prise de risque visant à explorer l’éventualité d’un nouveau mandat. Cependant, elles se heurtent à plusieurs obstacles, notamment une forte opposition, en particulier de la part de l’ancien président Joseph Kabila.
Condamné par contumace à mort en septembre 2025 par un tribunal congolais, Joseph Kabila, qui a dirigé le pays de 2001 à 2019, a accordé une interview au quotidien belge La Libre Belgique lundi dernier, appelant à la destitution de Tshisekedi. Kabila a affirmé que « la Constitution n’est plus respectée ; au contraire, elle est bafouée par le président et son entourage ». Il a insisté sur la nécessité de préserver la Constitution. Ces critiques acerbes ont coïncidé avec des articles de presse locaux faisant état de discussions internes concernant un amendement constitutionnel visant à permettre au président Tshisekedi de briguer un troisième mandat.
Le journal Congo Novo a abordé le débat en cours, soulignant que la priorité devrait être la préservation de l’unité nationale et le respect du pacte républicain. L’analyste politique tchadien et expert des affaires africaines, Saleh Ishaq Issa, estime que le débat autour des amendements constitutionnels en République démocratique du Congo aboutira probablement à leur annulation ou à leur suspension, plutôt qu’à leur mise en œuvre. Toute tentative d’adopter un amendement permettant au président actuel Félix Tshisekedi d’obtenir un troisième mandat se heurte à une forte résistance de l’opposition politique, à la pression de la communauté internationale et aux avertissements de personnalités nationales de premier plan telles que le lauréat du prix Nobel de la paix Denis Mukwege, ce qui fait de la mise en œuvre de l’amendement une mesure risquée qui pourrait menacer la stabilité politique du pays, selon Issa.