Politique

Tanzanie : Une coalition de petits partis se forme pour relancer le débat constitutionnel

Le dimanche 26 avril, douze petits partis d’opposition tanzaniens ont annoncé la formation d’une nouvelle coalition politique. Leur priorité absolue est de relancer le processus de réforme constitutionnelle, au point mort depuis plus de dix ans, malgré son lancement en 2011. Cette initiative intervient alors que ces partis, dont la présence et l’influence sur la scène politique sont limitées, tentent de s’affirmer comme une force politique majeure en s’emparant d’une question qui a retrouvé une place centrale dans le débat public, notamment suite aux violences qui ont éclaté après les élections de 2015.

Les réformes proposées visent à redistribuer les pouvoirs au sein des institutions gouvernementales, en particulier en réduisant les pouvoirs présidentiels afin de renforcer l’équilibre institutionnel. Malgré cette initiative, l’impact de la coalition reste limité en raison de l’absence des principaux partis d’opposition, notamment Chadema et Action pour le changement démocratique (ACT-Wazalendo), qui posent chacun des conditions spécifiques pour participer à tout processus de réforme. Le parti Chadema exige la libération de son chef, Tundu Lissu, et de plusieurs autres dirigeants, ainsi qu’une réforme de la commission électorale. Le parti ACT-Wazalendo, quant à lui, adopte une position plus prudente et hésite à rejoindre la coalition pour le moment. Les douze partis formant cette coalition appellent à l’adoption rapide d’une nouvelle constitution dans un délai de deux ans, sur la base des recommandations de la commission d’enquête mise en place après les violences survenues lors des élections de 2025.

Cette alliance comprend plusieurs partis, dont le Parti démocratique, la Ligue nationale pour la démocratie et le Parti de l’unité démocratique – des formations politiques souvent accusées d’être proches du gouvernement. Si les différents partis politiques s’accordent sur la nécessité d’une réforme constitutionnelle, des désaccords persistent quant à sa mise en œuvre. Le débat porte sur la question de savoir s’il faut reprendre le processus là où il s’était arrêté en 2015 ou élaborer un texte entièrement nouveau. Une question fondamentale demeure également : qui sera responsable de la définition des règles de ce processus ? Cette situation rappelle celle de 2014, lorsque les principaux partis d’opposition s’étaient unis avec succès au sein de la coalition « Okawa ».

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