Politique

L’Afrique après le retrait de l’ONU : qui comblera le vide sécuritaire ?

Dans son étude intitulée « L’Union africaine face au déclin des missions de l’ONU et aux défis liés au vide sécuritaire », publiée par un Centre d’études, le chercheur Badr Hassan Shafi analyse une période particulièrement délicate pour le continent africain : le retrait des missions de l’ONU des principales zones de conflit, conjugué à l’incapacité de l’Union africaine à se transformer pleinement en une alternative viable capable de gérer la sécurité et de maintenir la paix sur le continent. Ces dernières années ont été marquées par la fin de deux des plus importantes et des plus anciennes missions de l’ONU en Afrique : la MINUSMA au Mali et la MONUSCO en République démocratique du Congo.

Parallèlement, le nombre de missions de l’ONU sur le continent est passé de neuf à seulement quatre, et les effectifs militaires ont été réduits de près de moitié. Le chercheur pose alors la question centrale suivante : l’Union africaine peut-elle combler ce vide, ou le continent s’oriente-t-il vers une phase plus turbulente avec le déclin de l’action internationale ? Shafi revient sur la transformation qu’a connue l’Union africaine par rapport à son prédécesseur, l’Organisation de l’unité africaine. Après des décennies d’adhésion rigide aux principes de souveraineté et de non-intervention, le continent a théoriquement adopté un nouveau concept conférant à l’Union le droit d’intervenir en cas de génocide, de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité, et même face à de graves menaces contre l’ordre juridique.

De ce contexte est né le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine, véritable cerveau de la sécurité du continent, doté d’une structure complète comprenant : Une force en attente, un système d’alerte précoce, un panel de médiateurs experts et un fonds de maintien de la paix. Cependant, l’étude indique que le problème ne résidait pas dans l’absence de structures juridiques et institutionnelles, mais plutôt dans le décalage entre les textes et les capacités réelles de mise en œuvre. La Force africaine en attente, bien qu’établie il y a plusieurs années, n’a pas été pleinement opérationnelle en raison d’un manque de financement, d’une faible volonté politique et d’intérêts régionaux divergents.

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