Une étude scientifique récente menée en Ouganda a révélé de nouveaux biomarqueurs et marqueurs génétiques qui pourraient permettre aux médecins de diagnostiquer le diabète de type 2 avec une plus grande précision chez les personnes d’ascendance africaine. Cette avancée met en lumière les limites des critères diagnostiques actuellement utilisés dans le monde entier. Les chercheurs ont souligné que la plupart des outils employés aujourd’hui pour diagnostiquer le diabète de type 2, comme le test de l’hémoglobine glyquée (HbA1c) qui mesure la moyenne des taux de sucre dans le sang sur une période donnée, ont été développés à partir d’études réalisées principalement sur des personnes d’origine européenne.
Ces outils peuvent donc être moins précis chez les Africains en raison de différences génétiques et biologiques. L’étude, publiée dans la revue Nature Genetics, a porté sur 163 personnes atteintes de diabète de type 2 ou de prédiabète, ainsi que sur 362 volontaires ougandais en bonne santé. Les chercheurs ont identifié 58 variants génétiques spécifiques aux populations d’ascendance africaine, jusque-là inconnus. Parmi ces variants, 18 sont directement associés au risque de diabète de type 2, plusieurs d’entre eux pourraient être ciblés par des médicaments déjà disponibles, ouvrant ainsi des perspectives pour améliorer à la fois le diagnostic et les traitements.
Opeyemi Soremekun, chercheur à l’université d’Exeter au Royaume-Uni et principal auteur de l’étude, a déclaré que l’attention portée aux populations africaines permet de révéler des aspects biologiques qui n’avaient pas reçu suffisamment d’intérêt dans les recherches mondiales sur le diabète. Il a ajouté dans un communiqué que « les résultats confirment qu’une approche unique du diagnostic et du traitement, supposée convenir à tous, n’est plus suffisante ». Il a insisté sur la nécessité de développer des solutions médicales qui prennent en compte la grande diversité biologique humaine, en particulier sur le continent africain où les taux de diabète sont en forte augmentation.