Pendant que le monde est occupé par des conflits de frontières et des budgets, le Malawi vit une bataille de garde autour de 4 chiens de garde entraînés, opposant deux présidents (l’ancien et l’actuel) dans un affrontement juridique et politique étrange qui a secoué les fondations de cette nation africaine. Selon le Wall Street Journal américain, la « crise des chiens » a débuté après la défaite du président sortant Lazarus Chakwera (70 ans) aux élections présidentielles de septembre dernier, avant de quitter le palais présidentiel dans la capitale Lilongwe, il a ordonné le transfert de 4 chiens de garde vers sa résidence privée.
Chakwera insiste sur le fait que ces chiens, entraînés à détecter les armes et même les « talismans de sorcellerie noire », font partie des privilèges de sécurité auxquels il a droit en tant qu’ancien président. De son côté, son successeur Peter Mutharika (85 ans) considère que ces chiens sont en réalité des « fonctionnaires civils » appartenant à l’État, et qu’il n’appartient pas au président sortant de s’en approprier. La tension a atteint un niveau dramatique lorsque le nouveau président a envoyé une force de 80 policiers pour récupérer les chiens. Chakwera a refusé d’ouvrir les portes de sa maison, plongeant le pays dans une impasse politique et juridique.
Fait notable : Mutharika, juriste diplômé de l’université Yale aux États-Unis, a retardé de plus de deux mois son installation au palais présidentiel, prétextant que son équipe de sécurité n’était pas complète sans ces chiens. Le conflit ne s’est pas limité aux couloirs des palais : il s’est propagé au parlement, aux tribunaux et sur les réseaux sociaux, les alliés de Chakwera ont volé à son secours pour défendre son droit. Le pasteur James Sikiya, l’un des soutiens du président sortant, est allé plus loin en publiant des vidéos mettant en garde contre toute poursuite contre Chakwera. Pour les partisans de Chakwera, ces chiens sont indispensables pour protéger leur leader des menaces de sorcellerie, considérée comme un danger réel par de nombreux Malawites.