Un acte d’accusation rendu public mercredi révèle que Paul McKenzie, chef d’une secte kényane, et sept autres personnes liées à un groupe religieux apocalyptique, sont inculpés en lien avec la mort de 52 personnes dont les corps ont été retrouvés dans des tombes peu profondes dans le sud-est du Kenya en 2025. McKenzie et ses coaccusés étaient déjà poursuivis pour meurtre et terrorisme, notamment pour la mort de victimes dont les corps avaient été exhumés de la forêt de Shakhola, lors de l’une des pires tragédies liées à une secte de l’histoire récente. Selon l’accusation, McKenzie et son église, l’Église internationale d’évangélisation, ont fondé une secte qui incitait ses adeptes à se laisser mourir de faim, eux et leurs enfants, afin d’accéder au paradis avant la fin du monde. McKenzie nie les accusations.
En 2025, deux ans après le début de l’enquête, plus de 400 corps avaient été retrouvés dans la forêt de Shakhola, dans le comté de Kilifi, sur la côte est du Kenya, selon l’accusation. Les enquêteurs ont étendu leurs recherches à d’autres sites d’inhumation présumés et, en août 2025, 52 corps avaient été exhumés de tombes peu profondes à Kwa Benzaro et dans ses environs, à environ 30 kilomètres de Shakahola. McKenzie et les autres accusés ont comparu mercredi devant un juge à Mombasa pour une audience conjointe dans cette affaire. Selon l’accusation, McKenzie était le cerveau et le superviseur des crimes commis à Kwa Benzaro et a continué de les diriger après son arrestation en 2023, utilisant notamment des méthodes telles que l’endoctrinement extrémiste pour attirer les victimes dans ce lieu isolé.
Fin janvier, le bureau du procureur général du Kenya a déclaré dans un communiqué publié sur la plateforme de médias sociaux X : « Le tribunal a appris que les enquêteurs avaient trouvé des notes manuscrites dans les cellules occupées par McKenzie, détaillant des transactions financières effectuées par téléphone portable». L’acte d’accusation précise que les prévenus sont inculpés notamment de meurtre, de participation à des activités criminelles organisées en vertu de la loi kényane sur le crime organisé, et de crimes liés à l’extrémisme et à la facilitation d’actes terroristes en vertu du dispositif antiterroriste du pays. Tous les prévenus ont plaidé non coupable.