La Haute Cour de Pretoria a accordé mercredi la liberté sous caution à douze policiers soupçonnés d’avoir attribué frauduleusement un contrat public de plusieurs millions de rands. Les policiers, arrêtés par l’unité anticorruption du Parquet national, ont comparu devant le tribunal pour corruption, fraude et violation de la loi sur la gestion des finances publiques. Ces accusations font suite à l’attribution d’un contrat de santé suspect d’une valeur de 360 millions de rands, soit plus de 21 millions de dollars. Ce contrat, attribué en 2024 à Medicare 24, une société liée au chef du crime organisé Vussimusi Matlala, fait l’objet d’une enquête de la Commission Madlanga, un organe judiciaire spécial chargé d’enquêter sur la criminalité, l’ingérence politique et la corruption au sein du système de justice pénale.
Les policiers doivent comparaître de nouveau devant le tribunal le 13 mai, tandis que Matlala, actuellement détenu pour d’autres chefs d’accusation, devrait comparaître le 7 avril. Matlala, surnommé « Le Chat », est accusé de plusieurs chefs d’accusation graves, notamment de tentative de meurtre, de blanchiment d’argent et d’entrave à la justice, en particulier son implication présumée dans la fusillade de 2023 qui a coûté la vie à son ancienne compagne, l’actrice Tebogo Thubijani. Il est accusé d’avoir corrompu de hauts responsables de la police, y compris des généraux, afin d’obtenir un contrat pour des examens médicaux, un suivi et des évaluations de retraite liés à la santé, ainsi que des services d’indemnisation des accidents du travail et de recrutement.
Le nom de Matlala a également été associé au scandale de corruption de l’hôpital Thembisa, où les enquêtes officielles ont révélé qu’il avait perçu environ 13 millions de rands grâce à des contrats d’approvisionnement douteux.