L’Assemblée nationale et le Sénat camerounais ont entamé conjointement l’examen d’un projet de loi constitutionnelle visant à rétablir la fonction de vice-président. Ce poste permettrait au président, âgé de 93 ans, de terminer son mandat en cas de décès ou d’incapacité, le président Paul Biya dirige ce pays d’Afrique centrale, producteur de pétrole et de cacao, depuis 1982 et est le chef d’État le plus âgé au monde. Toute discussion publique concernant son état de santé est interdite. La dernière réforme constitutionnelle majeure, en 2008, qui a supprimé la limitation du nombre de mandats présidentiels, avait déclenché d’importantes manifestations violemment réprimées par les forces de sécurité.
Le gouvernement affirme que la vice-présidence vise à assurer la continuité du pouvoir en cas de vacance de la présidence. Des parlementaires de l’opposition ont déjà critiqué les amendements constitutionnels renforçant le pouvoir exécutif, arguant qu’ils affaiblissent l’équilibre des pouvoirs démocratiques. Selon le projet de loi, le président nommerait et révoquerait le vice-président, dont le mandat serait limité à sept ans. Le projet de loi stipule que le vice-président achèvera le mandat du président sortant en cas de décès, de démission ou d’incapacité permanente de ce dernier. Il précise également que le président par intérim ne pourra ni demander de révision constitutionnelle ni se présenter à une élection.
Le Mouvement démocratique populaire camerounais (MPDM), parti au pouvoir, dispose d’une large majorité dans les deux chambres du Parlement, ce qui rend l’adoption de la loi dans sa forme actuelle très probable. La fonction de vice-président existait jusqu’en 1972, date à laquelle elle a été abolie à la suite d’un référendum constitutionnel.